Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : The World of Riton
  • : Le voyage d'un raton-laveur sur les routes du monde .....
  • Contact

Rechercher

31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 16:11

 

Minibus ce matin direction la petite ville de Donsol. Un peu de chance, lorsque j’arrive à la station de bus, je suis seul et un mini van n’attend plus qu’une personne pour être complet et partir … Par contre, j’aurai mon sac sur les genoux et un place sur la banquette du fonds, prévue pour 3, où nous sommes 4 … Le belge à mes cotés rigole avec son pote bordelais juste devant : « on va bien être bien, pour ces 1 heure 30 de bus … ».

 

Faisait longtemps que je n’étais pas tombé sur des bons gars comme ca : le courant passe tout de suite. Les deux voyagent, financent plus ou moins leur trip en jouant au poker en ligne depuis BKK (« ahhhh l’époque où le « .fr » est arrivé, qu’est-ce qu’on s’est gavé … que des jeunots à plumer »). Julien et Anthony vont à Donsol pour l’unique et même chose qui pousse les voyageurs là-bas : avoir la chance unique et magique de pouvoir nager avec des requins-baleines. 

 

En effet, toutes les années de mars à juin, le golf de cette petite ville accueille environs 300 de ces monstres des mers (le plus grand poisson au monde, puisque la baleine est considérée comme un mammifère). Cette espèce est ici protégée depuis 1998 et aujourd’hui, ce sont les dollars des touristes qui nourrissent la région.

 

On arrive à choper le dernier bateau, qui part à 14 heures, avec Thomas, le munichois fan du Bayern rencontré lui aussi dans le van et 2 locaux « de la jaquette » qui cherchaient un bateau à compléter lorsque nous nous présentons au port. Riton : « de la jaquette … !?! Ca veut dire qu’ils ne savent pas très bien nager et qu’ils ont besoin d’une jaquette de sauvetage ? ». « On dit gilet de sauvetage … mais si tu veux J ».

 

Apres 3 heures de croisière, nous rentrons au port … « brecouilles », comme on dit dans le bouchonnois. Pas vu un seul requin ! La déception est grande mais quand je repense au tarif que l’agence à Legaspi voulait me faire payer (10 fois le prix que j’ai réussi à avoir en étant sur place, trajet Legaspi-Donsol compris), je me dis que finalement, ca aurait pu être pire … Rdv est pris pour demain matin, première heure : cet horaire étant plus propice aux cétacées. On noie notre chagrin avec mes 2 compères francophones … jusque tard dans la nuit J. 

 

« Same players, shoot again » : en ce vendredi matin, nous ne voyons rien du tout non plus … L. Dame Nature est comme une femme : l’homme propose, celle-ci dispose … et elle n’est une nouvelle fois pas disposée à nous accorder ses faveurs L. Je n’ai plus le temps de retenter ma chance samedi car je retourne sur Manille en début d’après-midi et je dois me résoudre à l’évidence : la poisse me colle de nouveau à la peau !

 

Riton : « mais dis-donc, Olive … on  rien vu, ok. Mais t’aurais quand même pu mettre 1 ou 2 photos du bateau, des copains, de la baie qui est superbe avec ses palmiers … ». « Justement, quand je te dis que Dédé le poissard est de retour : mon appareil a choisi le moment où je montais sur le bateau pour glisser de ma sacoche et tomber dans l’océan ! Pas 3 mètres avant ou 3 après, non : juste au moment où je suis au dessus de l’eau ….. et plouf ! ….. Grrrrrrr ! Repose en paix, petit compagnon qui m’a permis d’immortaliser tous ces beaux moments depuis 5 mois maintenant …. Snif ! ».  

 

Convaincu que nous sommes chacun d’entre nous le premier responsable de notre fortune ou infortune, je décide finalement de faire le forcing et de bousculer mon timing : je retenterai ma chance une dernière fois, même si on dit « jamais 2 sans 3 ». Après tout, je n’aurais peut-être jamais plus une telle occasion …

 

Nos 2 locaux ne sont plus de la partie, l’allemand a trouvé un bateau qui partait un peu plus tôt => ce sont 3 nouvelle têtes qui se joignent à nous : 2 n’ont rien vu lors de leur première tentative hier, la dernière fait partie des chanceux de la veille (seuls 2 bateaux ont vu un requin …). A raison de 3-4 rotations pas jours, pour une trentaine de bateaux … ca fait en gros qu’hier, seules 2% des sorties ont été chanceuses : mince, très mince …

 

Apres plus de 2 heures, cette ultime tentative se déroule comme les 2 précédentes et je commence à penser à la suite : je dois absolument accrocher mon vol de 14 heures car je pars de Manille demain à 9 heures. J’ai au minimum 1 heure de trajet pour rejoindre l’aéroport …. Aie-aie-aie, il est déjà 10 heures passé : ca va être juste-juste. Riton : « Mais il faut faire quoi, pour voir un de ces pensionnaires du golfe ? Passer 2 mois ici ? Connaitre tous les guides, aller manger chez eux, être même le parrain du petit dernier … ? ».

 

Un signe d’un des bateaux … c’est la cohue et l’agitation générale : on en a repéré un ! Tous les bateaux convergent vers le même point et en quelques minutes, ce sont 30 embarcations qui tournent en rond au dessus d’on ne sait quoi … ! Un sentiment d’écœurement m’envahie : j’ai beau avoir attendu ce moment depuis 3 jours, voir ce déchainement de passion de tous ces gens, cette excitation exacerbée … comme si on présentait Elephant Man pour la première fois dans une ville de province. Je me dis : « ah elles sont belles, les consignes de sécurité : officiellement, pas plus de 6 personnes en même temps autours d’un requin-baleine ». Business oblige, il faut contenter tout le monde … Et comme c’est le week-end pascal, de nombreux locaux sont là aussi et les bateaux sont pleins, 6 personnes sur chaque, ce qui fait presque 180 badauds pour un seul requin ! C’est n’importe quoi …. L

 

Notre bateau manœuvre, tamponne d’autres embarcations et soudainement notre guide nous crie : « go ! On plonge … » …………………………... Apres 4-5 minutes, je retrouve enfin « mon » bateau et je suis le dernier à remonter. « Alors, tu l’as vu … ? ». « Tu parles, à part prendre des coups de palme en pleine figure … rien du tout ! ». Seul l’un des nôtres a pu l’apercevoir : c’est un quasi pro de la plongée.

 

2-3 bonnes instructions de notre guide à son capitaine, le temps de remanœuvrer, et nous revoilà sous les ordres : « Go ! ». Cette fois-ci, je ne lâche pas notre guide, la visibilité est mauvaise mais après quelques secondes, il me regarde et me dit : « Dive ! (plonge !) ». Je lui fais confiance aveuglement et pique 2-3 mètres sous l’eau : sans être un pro, je suis suffisamment habile avec palmes masque et tuba pour me permettre de naviguer sous la cohue. Encore un petit mètre de descente, où je décompresse les oreilles, et tout d’un coup ….. les fonds s’assombrissent encore plus : il est là ! 7-8 mètres de puissance tranquille, à tout juste 1 mètre 50 de moi … ! le dos tacheté de points blancs, un aileron agile et une queue gigantesque. Il n’a nullement l’air effrayé par tout ce brouhaha mais sans le laisser paraitre, notre requin-baleine avance vite !

N’étant pas un poisson, je dois assez vite remonter reprendre mon souffle, surtout qu’il ne faut pas ménager ses efforts pour le suivre sous l’eau … Mais en haut, c’est de nouveau le bor*** et les 4-5 coups de palme que je prends sur la tête me font perdre la piste de notre ami.

 

La prochaine, et dernière plongée, ressemble à un rêve : la plupart des bateaux transportant des locaux en gilet de sauvetage (donc, pas de bons nageurs) sont déjà sur le retour. Notre guide nous « dépose » juste sur la route du pachyderme …. Cette fois-ci nous pouvons le suivre quelques instants depuis la surface : lui, la gueule grande ouverte pour capter du plancton, nous, les yeux grands ouverts pour admirer ce géant des mers. Ce n’est pas un spécimen gigantesque, puisque les plus gros peuvent atteindre plus de 15 mètres, mais qu’est-ce qu’on se sent petit à ses cotées.

Les rêves ont toujours une fin et les quelques autres bateaux encore présents ont eux aussi déposé « leurs cargaisons » sur le trajet : je reprends des palmes en pleine figure …. Notre ami plonge plus profondément, comme s’il voulait nous dire « bye-bye les gars, j’ai assez donné pour aujourd’hui » et tout le monde perd définitivement sa trace.

 

La sérénité que notre ami dégageait restera probablement la chose la plus impressionnante que cette aventure m’a apportée : lui, tranquille à 4 mètres en dessous de dizaines de bateaux et badauds affolés …. Etant de Haute-Savoie, donc pas d’une région portée sur la plongée en général, je commence à toucher du doigt ce qu’un film comme le Grand Bleu a mis au grand jour …. Et ce, bien plus que les autres sorties snorkelling que j’ai faites avec les zozos en Thaïlande ou avec Guillaume au Vietnam.

 

Riton : « Prendre de la hauteur - ou de la profondeur dans ce cas précis - quand ca s’agite autours de toi ….. »

 

Il est toutefois temps de m’agiter de nouveau pour moi : « on the road again ! ». Un rapide adieu à mes 3 compères de ces 3 jours (même Thomas l’allemand)… et j’arrive juste à temps pour mon vol retour sur Manille.

 

Il me reste une dernière mission ce soir (outre écrire un peu pour le blog) : adopter un nouveau compagnon de route pour continuer à immortaliser les lieux que je visiterai par la suite. Les centres commerciaux sont ouverts tard ce soir (c’est la fête où tout le monde se déguise en héros de manga et où des festivals dédiés à cette culture se tiennent un peu partout en ville).  

 

 

Une dernière halte ces prochains jours … et Riton dira définitivement « au  revoir » à l’Asie.

 

Riton : « tu peux pas quand même dire qu’on a été vraiment poissard, pendant ces 5 mois en Asie du Sud-est …. ».

 

Il n’a pas tort …. J

 

Partager cet article
Repost0
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:27

 

Le bus de nuit est en avance (!), un taxi partagé avec un américain et un couple canadien et me voici à attendre mon vol à l’aéroport. La connexion internet rame mais ne m’empêche pas de lire les déboires du PSG et de l’ESD L.

 

Direction donc la petite ville de Legaspi, bien au sud de l’ile de Luzon (au passage, jamais vu un tapis de valises aussi petit : 12 mètres de long à tout casser … on peut presque prendre son bagage depuis le traulet qui l’apporte de l’avion) … N’ayant pas un temps illimité aux Philippines, je dois me contenter de rester sur la partie septentrionale de ce pays. Riton : « manquerait plus que tu te plaignes, en plus … ». C’est vrai, quand je repense à Banaue, je me dis que mon petit compagnon et moi-même sommes doublement chanceux :

1.       on a pu arriver ici (env. 18 heures de vol depuis l’Europe, 12 heures de bus depuis Manille et 4-6 heures de marche nous ont permis d’arriver au milieu de ces paysages magnifiques) : ce n’est pas donné à tout le monde ;

2.       on a pu repartir d’ici : ce n’est pas le cas des locaux qui, même si leurs montagnes sont belles, rêvent secrètement d’une autre vie …    

 

Le vol avec 1 heure 30 de retard me fait perdre la journée … de toutes manières, il pleut comme vache qui pisse ici L. Apres avoir booké mon tour, j’entreprends une nouvelle évolution du blog de Riton : une carte interactive … plus facile à expliquer, quand on voyage. 

 

Riton … ? Une intervention … ?

 

« Oui … Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs … ici Alain Gillot Riton. Voici les derniers news concernant la météo de l’ile de Luzon. Ba c’est facile : regardez juste la carte »

 

3.Legaspi 01

 

 

Et oui, tout le nord de l’archipel est soumis à de fortes intempéries et il pleuvra jusqu’à dimanche … Forcement, c’est le jour où je quitterai les Philippines …. Grrrrrrr !

 

On ne va pas gaspiller notre temps ici et on part quand même pour l’attraction suprême de Legaspi : l’ascension du volcan Mayon ! Riton : « t’as vraiment un problème avec les volcans, toi … depuis le Piton de la Fournaise, tu n’as que ca à la bouche … ». C’est vrai que j’aime ce genre de challenge :

1.       je ne suis pas un grand marcheur,

2.       tu te fais défoncer pendant 3-4 heures minimum,

3.       sur des pistes défoncées,

4.       mais où le plus dur est au début (la descente vient en récompense sur la seconde partie du trek)

 

Ce qu’il y a de singulier aujourd’hui dans cette ascension :

1.       il pleut comme vache qui pisse (pour ceux qui n’aurait pas compris)

2.       le guide me regarde en se disant : « sur quelle planète il est celui-là : il ne voit pas qu’il pleut … !?! »

3.       aucun autre touriste ne s’est aventuré dans un tel parcours

4.       une bonne partie des guides de l’équipe se joindra à nous pour des raisons que je comprendrai plus tard.

5.       Il n’est pas question d’atteindre le sommet car celui-ci se fait en 2 jours 1 nuit.

 

Départ officiel, à 6 heures du matin …. A 5h45, je n’ai même pas le temps de prendre un café que le chauffeur est déjà là ! On récupère mon guide et 3 de ses copains qui viennent « travailler » sur le volcan (?).

 

La fin du chemin, qui délimite le début de l’ascension, est particulièrement vert … forcement, nous sommes en milieu tropical et volcanique

3.Legaspi 02

 

  

On attaque donc avec une alternance « pluie légère et crachin londonien ». Le camp de base numéro 1 …

 

3.Legaspi 03

 

 

… est avalé dans les temps (1h30 de montée).

 

Riton : « On voit bien que c’est jour blanc aujourd’hui …. Qu’est-ce qu’on est venu faire dans cette galère … ? »

 

Je suis un peu entre le marteau et l’enclume : accompagné de 4 vrais grimpeurs, je dois me mettre au rythme et …. j’en chie ! L’un d’eux à même des tongues pour grimper mais ca ne le gène nullement.

 

On continue, déjà trempés, dans les méandres de la forêt tropicale qui borde le bas du volcan … jusqu’au camp de base numéro 2. Là, les amis de mon guide s’arrêtent et commencent à … bosser !!!! En effet, ils nous ont accompagnés pour « construire » leur camp : ils sont une dizaine en tout et veulent se démarquer des autres groupes en ayant leur propre camp de base. C’est assez dingue et je m’interroge sur ce que nous, européens bien pensants, serions capables de faire en pareilles circonstances …   

3.Legaspi 10

 La tente, histoire d’abriter le café

 

3.Legaspi 11

 

La terrasse, que mes co-accompagnateurs préparent …

 

A 1'400 mètres d’altitudes, faire du terrassement alors qu’il pleut, avec une simple truelle et une pelle de fortune (la pioche étant assurée par des pieux de bois trouvés ca et là) …. Le tout le plus naturellement du monde (l’un d’eux tasse même la terrasse à pieds nus !) …. On dirait un clip pro-Sarko : « à tous ceux qui se plaignent que leurs allocations sont trop faibles, j’vais t’leur montrer ca et les remettre au boulot vite fait … tous ces assistés ! »

 

On grimpe encore un peu, pendant que nos amis continuent leur « job de salon », jusqu’au début de la dernière ligne droite …

3.Legaspi 05

 3.Legaspi 08

 3.Legaspi 09

 

   

… Il s’agit d’une coulée des années 80 qui sert de piste pour atteindre le sommet : encore 3 bonnes heures d’ascension, quasiment tout droit et environs 1'000 de dénivelé ! Mais ce ne sera pas pour nous aujourd’hui : aucun guide ne s’aventure jusqu’en haut où on termine avec des casques et pratiquement en escalade pure.

Après une petite pause, et histoire d’attendre que nos ouvriers finissent leur labeur journalier, on repart tous ensemble pour la descente. Le temps est stable : pluie tropicale tout le long !!! La piste se transforme naturellement en rigole pour l’eau qui dégouline du cratère  

3.Legaspi 12

 

  

Maintenant, il n’est plus question de se dire : « faire gaffe à ne pas trop toucher les feuille gorgées d’eau » … Tout le monde est déjà archi trempé !  Mes chaussures font « schlok-schlok » à chaque pas et ma veste pèse 1'000 tonnes … Tout le monde glisse au moins une fois ou deux sur le sol qui se dérobe sous nos pieds (et je ne suis pas le 1er, lalalère-heu … J), on ne s’arrête pas une seule fois … tout le monde a envie de rentrer au plus vite !

 

Petit stop pour attendre la jeep, qui doit nous récupérer, auprès de bébés chèvres qui ont trouvés refuge sous une étable de fortune.

 

Apres avoir réglé le solde de mon trek auprès de l’agence, retour à l’hôtel où je ne traine pas trop à la réception : je dégouline de partout. Douche et repas vers 15 heures.  

 

 

Riton : « t’es gentil avec tes histoires, Olive … mais on a rien vu aujourd’hui (visibilité à 50 mètres maxi) et on s’est trempé jusqu’aux os  ».

« C’est vrai … et je vais même t’avouer que je le savais d’avance. Mais ca se passe comme ca dans notre monde : je ne cherche pas à atteindre des objectifs. Guillaume disait : « quand t’as 2 semaines vacances par année à l’autre bout du monde, avec comme objectif d’atteindre un sommet lors d’un trek, ba ca te fait vraiment chier de ne pas l’atteindre pour des raisons extérieures ». Et il a raison ! Mais nous, nous avons ce privilège d’avoir notre temps, d’avoir d’autres attentes … Juste le fait aujourd’hui de se promener en pleine forêt tropicale, sans le moindre touriste, avec des locaux qui viennent bosser avec un tel acharnement … ba j’m’en fous, de ne rien voir : on a passé 8 bonnes heures ! C’est ca, le Monde de Riton … J»  

 

 

Au moment où j’écris ces lignes, je suis au chaud dans mon hôtel : je suis le seul occidental et les enfants viennent presque me toucher pour voir si je suis vraiment vrai J …. Faut dire que je n’ai pas vu un seul touriste depuis mon arrivée à Legaspi …

 

Partager cet article
Repost0
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 08:05

 

5 heures 38, le soleil commence à reprendre ses droits sur la vallée. Riton : « 5 heures 38 du matin … !!?! Dis-donc, tu ne te foutrais pas la gueule du monde … Genève ne t’a jamais vu à cette heure-ci, à part en piste => tu ne vas pas nous dire que t’étais levé si tôt ?!? ». « Et si, bonhomme … J ».

3.Banaue Bangaan 05

 3.Banaue Bangaan 09

 3.Banaue Bangaan 11

 

Le café, qui me fait penser à … Tougues

 

3.Banaue Bangaan 13

 3.Banaue Bangaan 22

 3.Banaue Bangaan 34

 

  

 

On réattaque à flanc de montagne

3.Banaue Bangaan 42

 3.Banaue Bangaan 44

 3.Banaue Bangaan 50

 3.Banaue Bangaan 52

 3.Banaue Bangaan 53

 

 3.Banaue Bangaan 58

 

 

 

Ici, les rizières sont assez hautes en altitude si bien que seulement 1 récolte par an est possible. Celle-ci n’est pas suffisante et les villages doivent s’approvisionner à l’extérieur : chaque famille envoie donc au moins un de ses membres travailler en ville pour subvenir à ses besoins. Avec le risque de voir à l’horizon les « rizo-dollars » du tourisme prendre le pas sur l’exploitation des terrasses en elles-mêmes.

 

On commence à entrevoir la route

3.Banaue Bangaan 64

 3.Banaue Bangaan 66

  

 

La journée de marche quasi terminée, il nous faut maintenant rejoindre Banaue. Les jeepney attendent le randonneur au bout de la piste …

3.Banaue Bangaan 70

 

 

 

… mais nous, on n’est pas des mauviettes : on rentre avec Tornado !

 

3.Banaue Bangaan 71

 

 

Une petite heure de route nous attend mais nous avons tout d’abord rendez-vous avec le dernier spot : le village de Bangaan. Et le timing est parfait pour terminer ces 3 jours, car c’est ici que nous trouvons les plus beaux dégradés de vert (la plantation ayant eu lieu plus tôt).

3.Banaue Bangaan 78 

3.Banaue Bangaan 75

 

 3.Banaue Bangaan 89

 

 

Comme tout village, l’église (verte, bien sûr) trône au milieu

 

3.Banaue Bangaan 94

 

Riton : « Les philippins sont très croyants et il y a un rituel ici : le dimanche matin, c’est famille et église … le dimanche après-midi, c’est pari sur combats de coqs et visite aux maitresses ».

« Houlalalala … t’es pas obligé de rapporter toutes les rumeurs que tu entends ici et là … ».

 

 

3.Banaue Bangaan 96

Ici, un trou directement dans une terrasse, dédié à l’élevage de poissons.

Riton : « et pour la pêche, c’est facile : il suffit de tirer sur le bouchon de la baignoire pour récupérer le magot ! »

 

 

Le départ nous offrira la plus belle vue de Bangaan … et probablement la plus belle de ces 3 jours !

 

3.Banaue Bangaan 100

 

 3.Banaue Bangaan 99

 Riton : « Pfuuuu … le Mont Saint-Michel, ca devient vraiment n’importe quoi : avec toutes ces algues, ca fait pas joli-joli en marée basse »

 

Par contre, notre amie la pluie a décidé de jouer les troubles fêtes un peu plus tôt aujourd’hui … et Tornado n’a pas de calèche pour s’abriter L. On part donc pour 45 minutes de chevauchée sur une route défoncée (car en travaux tous les 200 mètres), détrempées et où les chutes de pierres sont fréquentes (à 10 mètres de nous, une razzia surgit inopinément de la falaise et nous « invite » à piler !) …  Riton arrive toute fois sain et sauf mais trempé jusqu'à la couche.

 

En ce dimanche, je reste au chaud (il pleuvigne en continue sur Banaue) et met à jour le blog : pas mal de chose à écrire ! Je me marre tout seul en repensant à ces 3 jours … comme si le Olivier Nouveau était arrivé : il a un gout de banane. « Non Riton : pas dans le caleçon, la banane … sur le visage ! » J. Content d’avoir pu enfin pu vivre une telle expérience …

Ce soir, c’est bus de nuit pour une nouvelle destination …

 

Merci Banaue, ne change surtout pas ... et peut-être à bientôt !

 

 

Partager cet article
Repost0
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 00:07

 

La grosse journée de marche, c’était hier … Aujourd’hui, nous ne sommes qu’à 3 heures du notre prochain point de chute.

On repart donc sur les chemins

2.Banaue Batad 4

 2.Banaue Batad 8

 2.Banaue Batad 6

 Des fois c’est presque frustrant et je m’arrête souvent : marcher sur 40 centimètres de large m’oblige à regarder là où je mets les pieds et je ne peux profiter de chaque instant. Avec un ½ mètre de boue à droite et 5 mètres de dénivelé à gauche, mieux vaut tenir le cap …

 

On arrive sur les hauteurs de  … Riton : « moi je sais : Batad ! C’est marqué sur le panneau »

2.Banaue Batad 28

 

 

 

Ce sont principalement ces terrasses qui ont été classées par l’UNESCO

2.Banaue Batad 11

 2.Banaue Batad 12

2.Banaue Batad 19 

 2.Banaue Batad 22

 2.Banaue Batad 34

 2.Banaue Batad 35

 

 

 

Le temps d’une halte à notre hôtel et on plonge au fonds de la vallée …

2.Banaue Batad 42

 2.Banaue Batad 56

 2.Banaue Batad 39

 

… pour se rafraichir auprès d’une chute d’eau de plus de 40 mètres !

2.Banaue Batad 43

 2.Banaue Batad 45

 

 

La petite tête est la bienvenue mais Justin est surpris de me voir déjà prêt à repartir : il prévoyait de passer une bonne partie de l’après-midi ici. Ce n’est pas que cette chute d’eau soit désagréable mais Riton en trouvera d’autres durant son tour, alors que des rizières en terrasse … Je préfère donc me promener encore un peu sur les murets.

Mais maintenant, il faut ressortir de ces gorges et … remonter les marches !

2.Banaue Batad 51

  

Depuis une certaine ascension au Sri-Lanka, je n’aime plus du tout les escaliers … Les marches sont toujours irrégulières, trop hautes et de profondeurs inégales. Je préfère une piste vierge, sur laquelle je peux aller à mon rythme, choisir mes appuis et imaginer au fur et à mesure que j’avance la voie qui me convient le mieux … Je n’aime pas trop la façon dirigiste que les marches tentent de m’imposer … Riton : « Houlalala que Guillaume n’aimerait pas ces marches : il ronchonnerait presque autant que Roland … ! J Pis dis-donc, ton laïusse ? Sans jouer les philosophes de bistrot, ca marche aussi avec la Vie en générale, non … ? »

"Correct …" Je repense à cet article partagé par certains sur Facebook ces derniers jours … Une infirmière australienne en soins palliatifs a interviewé ses patients avec une seule et unique question : « quels sont vos regrets dans la vie ? ». La réponse numéro 1 est : « j’aurais aimé avoir le courage de vivre ma vie comme je l’entendais, et non la vie que les autres voulaient pour moi ». Rien de plus àajouter ….

 

On se promène donc ici et là et on profite de points de vue ignorés par d’autres.

 

2.Banaue Batad 63

 

 2.Banaue Batad 73

 2.Banaue Batad 80

 

Ici, les riches propriétaires affichent leur fortune à l’aide de têtes de buffle accrochées  sur de … somptueuses demeures

 

2.Banaue Batad 86

 2.Banaue Batad 92

 2.Banaue Batad 94

 2.Banaue Batad 97

 2.Banaue Batad 103

 

 

 

Sur le retour, Justin a décidé de m’achever une bonne fois pour toutes, aujourd’hui : il tire tout droit vers notre hôtel et la pente martyrise une nouvelle fois mes cuisses …. JE HAIS LES MARCHES !

2.Banaue Batad 108 

     

 

En chemin, une petite me scotche une nouvelle fois : elle a tout juste 4-5 ans et elle nous indique le chemin par un « this way » (par ici) en pointant son doudou dans la bonne direction … Même s’il s’agit d’une phrase « prête à l’emploi » qu’elle a probablement apprise par cœur, j’imagine mal ma petite nièce en faire autant. C’est dingue ce retard pris par la France (et l’Espagne, je dirais …) dans l’apprentissage des langues étrangères. Ok, ces deux nations peuvent se targuer d’avoir une langue internationale mais quand même : la planète entière ne parle qu’anglais … et peut-être bientôt chinois … mais en tous cas pas frouze ou pinpin : cette époque est révolue !

 

Le temps change vite ici ! Nous arrivons à notre hôtel juste avant que la pluie n’enveloppe définitivement la vallée de son linceul soit disant inoffensif ; prise de pouvoir aussi inattendue qu’une présence FN au second tour …

  2.Banaue Batad 106

        

A l’orée de la forêt, les profonds stigmates que les pluies du typhon d’octobre dernier ont laissés en souvenir à ces terrasses

 

Ca durera jusqu’au milieu de la nuit.

 

 

Après le repas, l’alcool de riz aidant mes interlocuteurs, je comprends qu’aujourd’hui il est difficile d’exercer pour les guides … Le soi-disant Office du Tourisme local, qui délivre l’estampille officielle, ne serait qu’une affaire de famille dans laquelle il faut payer pour entrer … Les rixes entre guides « free lands » sont fréquentes même en haute saison et les anciens tentent de se tailler la part du lion. Riton : « ah ok … une histoire de famille … de famillia, avec un padre … ». Et oui : offrez une reconnaissance internationale à un site (comme l’UNESCO l’a fait ici), et les touristes affluent du jour au lendemain … un peu comme un restaurant qui prendrait sa première étoile. Donc forcement cela attise les convoitises, en plus dans une région pas facile.

 

On termine cette seconde journée sur ces considérations.

 

 

Partager cet article
Repost0
25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 04:36

 

Un bus de nuit qui me fait penser à ceux du Sri-Lanka (à-fonds-à-fonds n’importe comment sur les routes) et nous arrivons ce mercredi matin à Banaue.

Riton : « bon … tu vas te décider enfin à me dire ce qu’on est venu faire ici … dans le trou du c**** du monde ?!? ».

On vient purger une frustration que je traine depuis quelques années (depuis le Cap Vert et l’ile de Santo Antao, exactement) : faire un trek au milieu de plantations en terrasse.

 

On prend une chambre, un guide « free lands » et un peu de repos pour se préparer mentalement. Riton : « à qui tu veux faire croire ca  … ? ». «Va mal finir, notre histoire, si tu continues ainsi … ».

On choisi, la formule offensive : trek de 3 jours, en « version longue ». Riton : « Version longue, c’est comme le Grand Bleu : on a des passages inédits ? ». Exact : on part de plus loin et le premier jour devrait nous offrir des paysage presque vierges de touristes.

Justin sera notre guide pendant ces 3 jours. Il m’avouera plus tard qu’il est content d’avoir « mis la main sûr moi » car ici, c’est la guerre entre les guides et lui-même n’a pas fait de trek aussi long depuis 4 mois (seulement des tours journaliers, la plupart des gens n’ont pas beaucoup de temps et ne font qu’un crochet par ici vite-fait bien-fait).

 

On fait un petit arrêt au view point sur les hauteurs de Banaue …

2.Banaue Cambula 02

 2.Banaue Cambula 04

 

 

… où toutes les rizières ne sont pas vertes : la plantation n’a lieu qu’en ce moment dans cette partie de la région.

 

On s’enfonce plus haut encore, histoire de retrouver le début de notre piste. On part pour plus de 7 heures de marche aujourd’hui, on les avalera en tout juste 6 … ! Riton : « oh put*** j’ai une pêche, j’ai une pêche … j’vais tous les plier demain au critérium ! ».

Et voila ce que je voulais faire depuis si longtemps : marcher sur d’étroits murets en plein milieu de la nature …

2.Banaue Cambula 15

 

 2.Banaue Cambula 22

 

 

Riton : « heuuuu … comment on fait pour passer d’une rizière à l’autre ? ». « Ba on prend de petits escaliers … parfois très petits. »

  2.Banaue Batad 107

 

      

 

On traverse des paysages magiques et immenses … que mon appareil photos n’arrive pas forcement à bien retranscrire 

 

2.Banaue Cambula 18

 2.Banaue Cambula 25

 2.Banaue Cambula 21

 

 

C’est complètement dingue de se dire que ces terrasses ont plus de 2'000 ans ! L’UNESCO a quand bien fait de les classer patrimoine mondial …

D’ailleurs, faudra m’expliquer comment se fait-il qu’un jour, le chef d’une tribu gauloise a dit : « bon les gars, on y est. Nous sommes à plusieurs semaines de marche des côtes, personne ne viendra nous embêter ici ... On pose notre baluchon et on creuse des terrasses pour planter ce qu’on sait le mieux faire pousser : du riz ».

Riton : « ah ouais, je crois connaitre le nom du chef gaulois : je parie que c’est Caterpillarix … ». « C’est toi qu’on va bâillonner et attacher à l’arbre si tu continues … Tout ceci a été construit à mains nues ! ».

Et c’est vraiment dingue, d’imaginer l’énergie qu’il a fallu déployer pour atteindre un tel résultat.

 

On a beau être au milieu de nul part (4 heures de marche avant la première « ville »), on n’en a pas oublié la Saint Valentin pour autant

Heart

 

 

 

Lors de la traversée de hameaux, j’avais prévu le coup et pris un paquet de bonbons à distribuer aux enfants qui savent parfaitement demander « a candy » quand il faut … C’est d’ailleurs impressionnant de voir que même dans les coins bien paumés aux Philippines, l’anglais est très répandu : une mère me dit dans un anglais parfait de lui lancer le bonbon pour son petit car elle est trop en contrebas pour que je puisse la rejoindre … je m’exécute et prends bien soin de ne pas divulguer mon terrible accent J

 

On passe devant la fameuse mégalopole de Pulau …

2.Banaue Cambula 09

 Célèbre pour son université de sciences appliquées, juste à coté de l’aéroport international

 

… avant d’arriver en milieu d’après-midi au village de Cambula, notre étape du jour

2.Banaue Cambula 29

 

 

Mélange de maisons traditionnelles …

2.Banaue Cambula 27

  2.Banaue Batad 01

         

… et plus « modernes »

 

  2.Banaue Batad 02   

  

 

Une discussion prolongée avec un tchèque qui arpente seul ces vallées ( ! - moi depuis l’épisode de Sumatra, je mets tout en œuvre pour éviter de me perdre à nouveau …) nous fait louper la représentation de danses traditionnelles que les enfants du village ont effectuée sous le préau de l’école … De toutes manières, la France n’a pas tout perdu : à part mon ami de Prague, il n’y a que des mangeurs de grenouilles ici ! Je me croirais presque revenu à Sukhothai …

Riton : « ah c’est clair que ce ne sont pas les américains gavés de hamburgers qui vont trainer leur bide jusqu’ici … ». T’es dur mais ce n’est pas faux : c’est mot pour mot ce que les guides nous disent ici … J

 

Le repas est simple (riz-légumes) et la pluie accompagne nos derniers songes avant que le sommeil nous emporte … après cette belle 1ere journée.

 

Partager cet article
Repost0