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  • : The World of Riton
  • : Le voyage d'un raton-laveur sur les routes du monde .....
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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 23:09

 

« Pepe », le proprio-gérant de mon hôtel et aussi tour operateur, est super serviable et me donne toutes les infos dont j’ai besoin (même si avec Riton, on arrive quand même bien à se débrouiller tout seuls … depuis le temps J) => j’ai vraiment envie de lui faire plaisir et de prendre un tour organisé avec lui … même si ce n’est pas trop ma tasse de thé !

 

Mais bon, je suis seul et Juan, un de ses copains, se joint à nous pour nous accompagner lors des 3 escales prévues de la journée. Juan ne parle pas trop anglais … mais je confirme ce que j’ai déjà expérimenté depuis presque 10 semaines en AmSud : l’espagnol, c’est facile … J

 

Les sites ne sont pas trop éloignés les uns des autres mais visiblement, Juan n’a pas trop envie de les faire à pieds : Pepe nous file gratos des VTT pour la journée … cooool !

 

Première halte (après la fin de l’entrainement de l’équipe 1 de Santa Cruze – D3), une micro-brasserie de bières locales … dont j’avais eu le bonheur de tester les produits la veille. Et en fait, heureusement que Juan est là car il n’y a aucun panneau dans la rue (ni de numéro) pour indiquer l’endroit : c’est dans une propriété privée.  

 

La soixantaine passionnée, le gérant est fier de nous présenter la seule étiquette du Chili qui se lit aussi bien à l’endroit qu’à l’envers …

 

7.SantaCruze photosJuan 21

 

 

Même s’il revendique le coté artisanal de sa production, le gérant tient à me montrer que son process de fabrication est contrôlé afin de garantir toujours la même qualité : tout est répertorié sur ses fiches techniques

 

7.SantaCruze photosJuan 07

 

 

 

Comme lors de ma visite d’hier, on insiste sur un point ici : qualité avant quantité … si un jour le marché se développe vraiment, ce sera d’abord grâce aux caractéristiques de ses bières et non pas au prix.

 

On en arrive quand même au meilleur moment : la dégustation !

 

7.SantaCruze photosJuan 12

 

Riton : « Non-non Olive : ton verre n’est pas percé … »

 

 

Pas peu fier, le gérant (sorry, j’ai mangé son prénom) me montre sa pause devant sa première bière … seulement 2 ans auparavant !

 

Bon, ca me titille un peu : « Et tu en vis ? Et comment t’est venu cette idée tardive, de brasser ta propre bière ? »

 

« Oui aujourd’hui, c’est mon activité principale et j’ai une employée à plein temps. Quant à l’idée, c’est simplement due à la fierté naturelle des Chiliens : un jour un copain me dit « viens goutter la bière que je viens de brasser » … tellement dégueulasse que je lui aie dit que j’allai lui montrer ce que c’est, une vraie bière … 6 mois après, je posais sur ce cliché »

 

7.SantaCruze photosJuan 16

 

 

 

 

 

 

Seconde halte, La vina Laura Hartwig … moins pro que celle de la veille (je n’aime pas quand on n’arrive pas à répondre à des questions simples et légitimes …) mais super bien placée, à quelques encablures du centre ville

 

 

7.SantaCruze photosJuan 22

 

7.SantaCruz VinaLaura 02

 

 

Le Carménère est aussi roi ici … ce cépage oublié de l’Europe. Importé de France juste avant l’épidémie de phylloxera qui ravagea les vignes à la fin du 19ieme siècle, ce cépage n’a pas été replanté en France. Le Chili génère environ 90-95% de la production mondiale de ce vin car ce fut longtemps le seul bastion de cette variété : en effet, du fait de sa proximité avec le Merlot, ce n’est qu’en 1994 qu’un chercheur s’est rendu compte que ce que tout le monde prenait pour du « Merlot bizarre » était en fait ce fameux « disparu », le Carménère.

 

Riton : « Y sont gentils, ces chercheurs … mais comment un mec a-t-il pu avoir l’idée de se poser une telle question ? »

 

C’est justement parce que ce Merlot était « bizarre » (il se récoltait 2-3 semaines plus tard que l’original) que ce chercheur s’est penché sur la question … V’la tout … D’autres questions, cher ami ?

 

 

 

 

On continue « aaaaaaaaa bicyclett-euuuuuu » jusqu’au summum de la journée : une couveuse de spiritueux. Je dis volontairement « couveuse » et non pas la distillerie …

 

Car ici le boss, c’est Christian : soixante-huitard sur le retour, mi-druide mi-chaman, … c’est encore plus artisanal que la brasserie de ce matin ! Tout est question de temps ici … Le temps s’écoule et on le respecte … L’infusion de plantes et de fleurs fait son œuvre sur l’alcool distillé à partir de grappe de Carménère.

 

Christian m’offre un verre d’eau avant la visite … je n’ai pas spécialement soif mais je comprends que cette eau est particulière : issue d’une source locale, elle lui sert de mixte pour ses breuvages.

 

« Ici, je mélange les plantes et les fruits, l’esprit de la terre (l’eau) et l’esprit de la vigne (le produit de la distillation). Tout est une question de timing : savoir « quand » c’est le bon moment pour le mixte … ».

 

Et c’est vrai que cette maison est vrai havre de paix … Jardin dans la cour intérieure, musique douce pour accompagner les plantes qui poussent ici et là … Succession de chambres ombragées où de jolis flacons gardent jalousement ses préparations qui, pour certaines, atteignent plus de 25 ans ! Etales de fleurs et plantes séchées, jarres à fruits, … Tout est calme ici : même son fils de 8-10 ans ne semble pas perturbé/excité par ma visite (car oui : c’est encore plus improbable de trouver « seul » cette demeure que la brasserie de ce matin … elle ne semble absolument pas vouloir voir des cars de touristes s’arrêter devant sa porte)

 

Le premier verre que je teste est de la gniole quasi-pure : 97% … !!! Riton : « Heuuu … y’avait pas plus soft pour débuter ? ». Non justement, c’est pour préparer le palais : une fois le choc passé, les papilles sont prêtes …  Et c’est vrai que la suite est tout simplement … I-NI-MA-GI-NA-BLE !!!

 

Au crépuscule de leur maturation, ces breuvages titrent en moyenne entre 25 et 35 degrés et sont donc plus facilement abordables … Moi qui croyais avoir déjà bu du bon limoncello : quelle gifle ! Le cinnamome du Sri-Lanka (seul produit importé hors de la région, avec le café) dance avec les fleurs de Marie-Rose afin de sublimer le citron …   

 

Dans une des pièces, une table de dégustation est spécialement dressée : marmelade d’orange et pain « maisons », olives séchées à la cendre, mélange cacahuètes/thym … C’est tellement fin, subtil et simple à la fois … que c’est à en tomber par terre !

 

Il y tellement d’amour de la Vie ici (la Vie au sens large, avec un grand « V ») que nous ne voyons pas le temps passer (ca fait maintenant presque 4 heures que nous dansons dans ce jardin) …

 

Nos productions occidentales, en matière d’eaux de vie, forcent souvent soit sur le coté fort (l’alcool) soit le coté sucré alors qu’ici, les plantes et les fruits reprennent leurs droits … tout en laissant leur place à ces éléments : encore une fois, ici tout est une question d’équilibre.

 

Tous les secrets de Christian proviennent de recettes médicinales ancestrales … chacune a sa spécificité thérapeutique qu’il ne peut, bien évidemment, pas officiellement mettre en avant face aux dictats de la médecine moderne. Disons que ses breuvages sont plutôt à ranger du coté de la médecine préventive … comme le font les chinois, par exemple.

 

J’en arrive à la question piège : « En ta qualité de chaman/druide, comment tu sais que c’est le bon moment ? Le bon timing pour mélanger tes produits ? ». L’air perturbé par ma question, il se pose à notre table … pendant un temps interminable (croyez-moi … quand vous avez quelqu’un en face de vous qui prend, montre en main quasiment 1 minute 30-2 minutes avant de répondre, vous sentez bien que votre interlocuteur cherche vraiment ses mots). Son anglais n’est pas génial, toutefois suffisamment bon pour expliquer sa démarche, mais visiblement c’est une des premières fois qu’il va devoir répondre à une telle question.

 

Je ne suis pas pressé pour 2 raisons : d’une, le temps s’estompe dans cette demeure et de deux, je connais déjà sa réponse.

 

Sa réponse donc, en substance : « Quand tu te connais, au plus profond de toi … tu es aussi capable de savoir « quand » les éléments qui t’entourent sont à leur apogée. Un exemple : pour bcp de monde, le printemps débute autour du 23 mars … Pour moi non : le printemps commence quand je sens l’esprit de vie renaitre dans les plantes qui m’entourent … » … Résultat de longues et nombreuses méditations … qui le rapproche tous les jours un peu plus de ce qui fait la Vie.

 

Ce nectar est tout simplement divin … mais seule ma tante aux States pourra le gouter (enfin, s’il passe les douanes J) car je ne peux en ramener des tonnes en Europe … Et de toutes manières, ce n’est absolument pas le but !

 

Riton : « Ouais ... c’est comme la Petite Arvine et la viande des Grisons : y’a que dans le Valais qu’elle est au top. Les consommer ailleurs, c’est bien … mais ca n’a pas le même gout ! »

 

Oui … Il y a parfois des choses qui ne peuvent s’apprécier que dans leur globalité : personnes, produits et lieu. Cette synthèse de produits de la vallée de Colchagua, son climat et l’amour de la Vie de ce personnage font que Santa Cruz est probablement le seul endroit où apprécier au mieux la subtilité de cette production.    

 

Toutes les bonnes choses ont une fin et il est temps pour moi de remercier Christian de m’avoir ouvert sa maison et de m’avoir offert ce moment où le temps se ralenti … où tout s’infuse : alcool, eaux, herbes et fruits, pendant des mois et des mois.

 

Une dernière question pour la route : « Comment as-tu choisi cette maison pour t’installer ? »

 

« Ce n’est pas moi qui l’aie choisit : c’est elle qui m’a choisi » … Tout est dit.

 

 

 

En ce jeudi, je n’ai pas trop envie de courir à droite à gauche : je reprends le livre que j’avais acheté au Sri-Lanka et qui était enfoui au fonds de mon sac (pfuuuu … ca date tout ca !). Ralentir le rythme de ce qui nous entoure, ralentir son propre rythme … histoire de laisser infuser mes expériences, encore et encore … comme les plantes diffusent leurs essences dans l’eau de vie de Christian …

 

Riton : « Oula … je vais le laisser tranquille, là, le Olive. Pis comme le casino et les bars à filles sont fermés ce soir : je vais aller me coucher tôt, moi »

 

« Toi, t’es comme le petit ange et le démon qui virevoltent au dessus de la tête de Tom quand il s’apprête à manger Jerry … Sauf que tes habits blancs sont au pressing depuis bien trop longtemps … » 

 

J

 

 

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commentaires

D

Et plutôt deux fois qu'une... 
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R


C'est fait pour ..... 



D

Espèce d'enfoiré, tu m'a mis l'eau (de vie) à la bouche...
Répondre
D

Espèce d'enfoiré, tu m'a mis l'eau (de vie) à la bouche...
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