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  • : The World of Riton
  • : Le voyage d'un raton-laveur sur les routes du monde .....
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:27

 

Le bus de nuit est en avance (!), un taxi partagé avec un américain et un couple canadien et me voici à attendre mon vol à l’aéroport. La connexion internet rame mais ne m’empêche pas de lire les déboires du PSG et de l’ESD L.

 

Direction donc la petite ville de Legaspi, bien au sud de l’ile de Luzon (au passage, jamais vu un tapis de valises aussi petit : 12 mètres de long à tout casser … on peut presque prendre son bagage depuis le traulet qui l’apporte de l’avion) … N’ayant pas un temps illimité aux Philippines, je dois me contenter de rester sur la partie septentrionale de ce pays. Riton : « manquerait plus que tu te plaignes, en plus … ». C’est vrai, quand je repense à Banaue, je me dis que mon petit compagnon et moi-même sommes doublement chanceux :

1.       on a pu arriver ici (env. 18 heures de vol depuis l’Europe, 12 heures de bus depuis Manille et 4-6 heures de marche nous ont permis d’arriver au milieu de ces paysages magnifiques) : ce n’est pas donné à tout le monde ;

2.       on a pu repartir d’ici : ce n’est pas le cas des locaux qui, même si leurs montagnes sont belles, rêvent secrètement d’une autre vie …    

 

Le vol avec 1 heure 30 de retard me fait perdre la journée … de toutes manières, il pleut comme vache qui pisse ici L. Apres avoir booké mon tour, j’entreprends une nouvelle évolution du blog de Riton : une carte interactive … plus facile à expliquer, quand on voyage. 

 

Riton … ? Une intervention … ?

 

« Oui … Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs … ici Alain Gillot Riton. Voici les derniers news concernant la météo de l’ile de Luzon. Ba c’est facile : regardez juste la carte »

 

3.Legaspi 01

 

 

Et oui, tout le nord de l’archipel est soumis à de fortes intempéries et il pleuvra jusqu’à dimanche … Forcement, c’est le jour où je quitterai les Philippines …. Grrrrrrr !

 

On ne va pas gaspiller notre temps ici et on part quand même pour l’attraction suprême de Legaspi : l’ascension du volcan Mayon ! Riton : « t’as vraiment un problème avec les volcans, toi … depuis le Piton de la Fournaise, tu n’as que ca à la bouche … ». C’est vrai que j’aime ce genre de challenge :

1.       je ne suis pas un grand marcheur,

2.       tu te fais défoncer pendant 3-4 heures minimum,

3.       sur des pistes défoncées,

4.       mais où le plus dur est au début (la descente vient en récompense sur la seconde partie du trek)

 

Ce qu’il y a de singulier aujourd’hui dans cette ascension :

1.       il pleut comme vache qui pisse (pour ceux qui n’aurait pas compris)

2.       le guide me regarde en se disant : « sur quelle planète il est celui-là : il ne voit pas qu’il pleut … !?! »

3.       aucun autre touriste ne s’est aventuré dans un tel parcours

4.       une bonne partie des guides de l’équipe se joindra à nous pour des raisons que je comprendrai plus tard.

5.       Il n’est pas question d’atteindre le sommet car celui-ci se fait en 2 jours 1 nuit.

 

Départ officiel, à 6 heures du matin …. A 5h45, je n’ai même pas le temps de prendre un café que le chauffeur est déjà là ! On récupère mon guide et 3 de ses copains qui viennent « travailler » sur le volcan (?).

 

La fin du chemin, qui délimite le début de l’ascension, est particulièrement vert … forcement, nous sommes en milieu tropical et volcanique

3.Legaspi 02

 

  

On attaque donc avec une alternance « pluie légère et crachin londonien ». Le camp de base numéro 1 …

 

3.Legaspi 03

 

 

… est avalé dans les temps (1h30 de montée).

 

Riton : « On voit bien que c’est jour blanc aujourd’hui …. Qu’est-ce qu’on est venu faire dans cette galère … ? »

 

Je suis un peu entre le marteau et l’enclume : accompagné de 4 vrais grimpeurs, je dois me mettre au rythme et …. j’en chie ! L’un d’eux à même des tongues pour grimper mais ca ne le gène nullement.

 

On continue, déjà trempés, dans les méandres de la forêt tropicale qui borde le bas du volcan … jusqu’au camp de base numéro 2. Là, les amis de mon guide s’arrêtent et commencent à … bosser !!!! En effet, ils nous ont accompagnés pour « construire » leur camp : ils sont une dizaine en tout et veulent se démarquer des autres groupes en ayant leur propre camp de base. C’est assez dingue et je m’interroge sur ce que nous, européens bien pensants, serions capables de faire en pareilles circonstances …   

3.Legaspi 10

 La tente, histoire d’abriter le café

 

3.Legaspi 11

 

La terrasse, que mes co-accompagnateurs préparent …

 

A 1'400 mètres d’altitudes, faire du terrassement alors qu’il pleut, avec une simple truelle et une pelle de fortune (la pioche étant assurée par des pieux de bois trouvés ca et là) …. Le tout le plus naturellement du monde (l’un d’eux tasse même la terrasse à pieds nus !) …. On dirait un clip pro-Sarko : « à tous ceux qui se plaignent que leurs allocations sont trop faibles, j’vais t’leur montrer ca et les remettre au boulot vite fait … tous ces assistés ! »

 

On grimpe encore un peu, pendant que nos amis continuent leur « job de salon », jusqu’au début de la dernière ligne droite …

3.Legaspi 05

 3.Legaspi 08

 3.Legaspi 09

 

   

… Il s’agit d’une coulée des années 80 qui sert de piste pour atteindre le sommet : encore 3 bonnes heures d’ascension, quasiment tout droit et environs 1'000 de dénivelé ! Mais ce ne sera pas pour nous aujourd’hui : aucun guide ne s’aventure jusqu’en haut où on termine avec des casques et pratiquement en escalade pure.

Après une petite pause, et histoire d’attendre que nos ouvriers finissent leur labeur journalier, on repart tous ensemble pour la descente. Le temps est stable : pluie tropicale tout le long !!! La piste se transforme naturellement en rigole pour l’eau qui dégouline du cratère  

3.Legaspi 12

 

  

Maintenant, il n’est plus question de se dire : « faire gaffe à ne pas trop toucher les feuille gorgées d’eau » … Tout le monde est déjà archi trempé !  Mes chaussures font « schlok-schlok » à chaque pas et ma veste pèse 1'000 tonnes … Tout le monde glisse au moins une fois ou deux sur le sol qui se dérobe sous nos pieds (et je ne suis pas le 1er, lalalère-heu … J), on ne s’arrête pas une seule fois … tout le monde a envie de rentrer au plus vite !

 

Petit stop pour attendre la jeep, qui doit nous récupérer, auprès de bébés chèvres qui ont trouvés refuge sous une étable de fortune.

 

Apres avoir réglé le solde de mon trek auprès de l’agence, retour à l’hôtel où je ne traine pas trop à la réception : je dégouline de partout. Douche et repas vers 15 heures.  

 

 

Riton : « t’es gentil avec tes histoires, Olive … mais on a rien vu aujourd’hui (visibilité à 50 mètres maxi) et on s’est trempé jusqu’aux os  ».

« C’est vrai … et je vais même t’avouer que je le savais d’avance. Mais ca se passe comme ca dans notre monde : je ne cherche pas à atteindre des objectifs. Guillaume disait : « quand t’as 2 semaines vacances par année à l’autre bout du monde, avec comme objectif d’atteindre un sommet lors d’un trek, ba ca te fait vraiment chier de ne pas l’atteindre pour des raisons extérieures ». Et il a raison ! Mais nous, nous avons ce privilège d’avoir notre temps, d’avoir d’autres attentes … Juste le fait aujourd’hui de se promener en pleine forêt tropicale, sans le moindre touriste, avec des locaux qui viennent bosser avec un tel acharnement … ba j’m’en fous, de ne rien voir : on a passé 8 bonnes heures ! C’est ca, le Monde de Riton … J»  

 

 

Au moment où j’écris ces lignes, je suis au chaud dans mon hôtel : je suis le seul occidental et les enfants viennent presque me toucher pour voir si je suis vraiment vrai J …. Faut dire que je n’ai pas vu un seul touriste depuis mon arrivée à Legaspi …

 

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commentaires

K

Quel périple ! Mais tu as bien raison de ne pas gacher ton escale à cause des intempéries ! Les locaux ont du se dire "ils sont fous ces français " ^_^


Bonne route !
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R


Oui mais en tous cas, j’ai marqué des points pour le drapeau tricolore : si jamais, j’ai les coordonnées perso de bons
guides maintenant … Avis a la population