Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : The World of Riton
  • : Le voyage d'un raton-laveur sur les routes du monde .....
  • Contact

Rechercher

31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 16:11

 

Minibus ce matin direction la petite ville de Donsol. Un peu de chance, lorsque j’arrive à la station de bus, je suis seul et un mini van n’attend plus qu’une personne pour être complet et partir … Par contre, j’aurai mon sac sur les genoux et un place sur la banquette du fonds, prévue pour 3, où nous sommes 4 … Le belge à mes cotés rigole avec son pote bordelais juste devant : « on va bien être bien, pour ces 1 heure 30 de bus … ».

 

Faisait longtemps que je n’étais pas tombé sur des bons gars comme ca : le courant passe tout de suite. Les deux voyagent, financent plus ou moins leur trip en jouant au poker en ligne depuis BKK (« ahhhh l’époque où le « .fr » est arrivé, qu’est-ce qu’on s’est gavé … que des jeunots à plumer »). Julien et Anthony vont à Donsol pour l’unique et même chose qui pousse les voyageurs là-bas : avoir la chance unique et magique de pouvoir nager avec des requins-baleines. 

 

En effet, toutes les années de mars à juin, le golf de cette petite ville accueille environs 300 de ces monstres des mers (le plus grand poisson au monde, puisque la baleine est considérée comme un mammifère). Cette espèce est ici protégée depuis 1998 et aujourd’hui, ce sont les dollars des touristes qui nourrissent la région.

 

On arrive à choper le dernier bateau, qui part à 14 heures, avec Thomas, le munichois fan du Bayern rencontré lui aussi dans le van et 2 locaux « de la jaquette » qui cherchaient un bateau à compléter lorsque nous nous présentons au port. Riton : « de la jaquette … !?! Ca veut dire qu’ils ne savent pas très bien nager et qu’ils ont besoin d’une jaquette de sauvetage ? ». « On dit gilet de sauvetage … mais si tu veux J ».

 

Apres 3 heures de croisière, nous rentrons au port … « brecouilles », comme on dit dans le bouchonnois. Pas vu un seul requin ! La déception est grande mais quand je repense au tarif que l’agence à Legaspi voulait me faire payer (10 fois le prix que j’ai réussi à avoir en étant sur place, trajet Legaspi-Donsol compris), je me dis que finalement, ca aurait pu être pire … Rdv est pris pour demain matin, première heure : cet horaire étant plus propice aux cétacées. On noie notre chagrin avec mes 2 compères francophones … jusque tard dans la nuit J. 

 

« Same players, shoot again » : en ce vendredi matin, nous ne voyons rien du tout non plus … L. Dame Nature est comme une femme : l’homme propose, celle-ci dispose … et elle n’est une nouvelle fois pas disposée à nous accorder ses faveurs L. Je n’ai plus le temps de retenter ma chance samedi car je retourne sur Manille en début d’après-midi et je dois me résoudre à l’évidence : la poisse me colle de nouveau à la peau !

 

Riton : « mais dis-donc, Olive … on  rien vu, ok. Mais t’aurais quand même pu mettre 1 ou 2 photos du bateau, des copains, de la baie qui est superbe avec ses palmiers … ». « Justement, quand je te dis que Dédé le poissard est de retour : mon appareil a choisi le moment où je montais sur le bateau pour glisser de ma sacoche et tomber dans l’océan ! Pas 3 mètres avant ou 3 après, non : juste au moment où je suis au dessus de l’eau ….. et plouf ! ….. Grrrrrrr ! Repose en paix, petit compagnon qui m’a permis d’immortaliser tous ces beaux moments depuis 5 mois maintenant …. Snif ! ».  

 

Convaincu que nous sommes chacun d’entre nous le premier responsable de notre fortune ou infortune, je décide finalement de faire le forcing et de bousculer mon timing : je retenterai ma chance une dernière fois, même si on dit « jamais 2 sans 3 ». Après tout, je n’aurais peut-être jamais plus une telle occasion …

 

Nos 2 locaux ne sont plus de la partie, l’allemand a trouvé un bateau qui partait un peu plus tôt => ce sont 3 nouvelle têtes qui se joignent à nous : 2 n’ont rien vu lors de leur première tentative hier, la dernière fait partie des chanceux de la veille (seuls 2 bateaux ont vu un requin …). A raison de 3-4 rotations pas jours, pour une trentaine de bateaux … ca fait en gros qu’hier, seules 2% des sorties ont été chanceuses : mince, très mince …

 

Apres plus de 2 heures, cette ultime tentative se déroule comme les 2 précédentes et je commence à penser à la suite : je dois absolument accrocher mon vol de 14 heures car je pars de Manille demain à 9 heures. J’ai au minimum 1 heure de trajet pour rejoindre l’aéroport …. Aie-aie-aie, il est déjà 10 heures passé : ca va être juste-juste. Riton : « Mais il faut faire quoi, pour voir un de ces pensionnaires du golfe ? Passer 2 mois ici ? Connaitre tous les guides, aller manger chez eux, être même le parrain du petit dernier … ? ».

 

Un signe d’un des bateaux … c’est la cohue et l’agitation générale : on en a repéré un ! Tous les bateaux convergent vers le même point et en quelques minutes, ce sont 30 embarcations qui tournent en rond au dessus d’on ne sait quoi … ! Un sentiment d’écœurement m’envahie : j’ai beau avoir attendu ce moment depuis 3 jours, voir ce déchainement de passion de tous ces gens, cette excitation exacerbée … comme si on présentait Elephant Man pour la première fois dans une ville de province. Je me dis : « ah elles sont belles, les consignes de sécurité : officiellement, pas plus de 6 personnes en même temps autours d’un requin-baleine ». Business oblige, il faut contenter tout le monde … Et comme c’est le week-end pascal, de nombreux locaux sont là aussi et les bateaux sont pleins, 6 personnes sur chaque, ce qui fait presque 180 badauds pour un seul requin ! C’est n’importe quoi …. L

 

Notre bateau manœuvre, tamponne d’autres embarcations et soudainement notre guide nous crie : « go ! On plonge … » …………………………... Apres 4-5 minutes, je retrouve enfin « mon » bateau et je suis le dernier à remonter. « Alors, tu l’as vu … ? ». « Tu parles, à part prendre des coups de palme en pleine figure … rien du tout ! ». Seul l’un des nôtres a pu l’apercevoir : c’est un quasi pro de la plongée.

 

2-3 bonnes instructions de notre guide à son capitaine, le temps de remanœuvrer, et nous revoilà sous les ordres : « Go ! ». Cette fois-ci, je ne lâche pas notre guide, la visibilité est mauvaise mais après quelques secondes, il me regarde et me dit : « Dive ! (plonge !) ». Je lui fais confiance aveuglement et pique 2-3 mètres sous l’eau : sans être un pro, je suis suffisamment habile avec palmes masque et tuba pour me permettre de naviguer sous la cohue. Encore un petit mètre de descente, où je décompresse les oreilles, et tout d’un coup ….. les fonds s’assombrissent encore plus : il est là ! 7-8 mètres de puissance tranquille, à tout juste 1 mètre 50 de moi … ! le dos tacheté de points blancs, un aileron agile et une queue gigantesque. Il n’a nullement l’air effrayé par tout ce brouhaha mais sans le laisser paraitre, notre requin-baleine avance vite !

N’étant pas un poisson, je dois assez vite remonter reprendre mon souffle, surtout qu’il ne faut pas ménager ses efforts pour le suivre sous l’eau … Mais en haut, c’est de nouveau le bor*** et les 4-5 coups de palme que je prends sur la tête me font perdre la piste de notre ami.

 

La prochaine, et dernière plongée, ressemble à un rêve : la plupart des bateaux transportant des locaux en gilet de sauvetage (donc, pas de bons nageurs) sont déjà sur le retour. Notre guide nous « dépose » juste sur la route du pachyderme …. Cette fois-ci nous pouvons le suivre quelques instants depuis la surface : lui, la gueule grande ouverte pour capter du plancton, nous, les yeux grands ouverts pour admirer ce géant des mers. Ce n’est pas un spécimen gigantesque, puisque les plus gros peuvent atteindre plus de 15 mètres, mais qu’est-ce qu’on se sent petit à ses cotées.

Les rêves ont toujours une fin et les quelques autres bateaux encore présents ont eux aussi déposé « leurs cargaisons » sur le trajet : je reprends des palmes en pleine figure …. Notre ami plonge plus profondément, comme s’il voulait nous dire « bye-bye les gars, j’ai assez donné pour aujourd’hui » et tout le monde perd définitivement sa trace.

 

La sérénité que notre ami dégageait restera probablement la chose la plus impressionnante que cette aventure m’a apportée : lui, tranquille à 4 mètres en dessous de dizaines de bateaux et badauds affolés …. Etant de Haute-Savoie, donc pas d’une région portée sur la plongée en général, je commence à toucher du doigt ce qu’un film comme le Grand Bleu a mis au grand jour …. Et ce, bien plus que les autres sorties snorkelling que j’ai faites avec les zozos en Thaïlande ou avec Guillaume au Vietnam.

 

Riton : « Prendre de la hauteur - ou de la profondeur dans ce cas précis - quand ca s’agite autours de toi ….. »

 

Il est toutefois temps de m’agiter de nouveau pour moi : « on the road again ! ». Un rapide adieu à mes 3 compères de ces 3 jours (même Thomas l’allemand)… et j’arrive juste à temps pour mon vol retour sur Manille.

 

Il me reste une dernière mission ce soir (outre écrire un peu pour le blog) : adopter un nouveau compagnon de route pour continuer à immortaliser les lieux que je visiterai par la suite. Les centres commerciaux sont ouverts tard ce soir (c’est la fête où tout le monde se déguise en héros de manga et où des festivals dédiés à cette culture se tiennent un peu partout en ville).  

 

 

Une dernière halte ces prochains jours … et Riton dira définitivement « au  revoir » à l’Asie.

 

Riton : « tu peux pas quand même dire qu’on a été vraiment poissard, pendant ces 5 mois en Asie du Sud-est …. ».

 

Il n’a pas tort …. J

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

A

5 mois déjà !
Répondre
R


  



M

Comme disent les jeunes, tes commentaires "c'est trop bien". A +. MC
Répondre